Sacrée Edith!

Publié le par Gaspard Fenicottero

Laissez-moi vous parler d'Edith. Edith est une belle blonde au regard doux, que nous avons rencontrée à Baños, une ville thermale coincée entre les Andes et l'Amazonie, entre les montagnes et la jungle. Edith, qui n'est pas un piaf mais une chienne, a commencé à nous filer le train le premier jour, alors que nous marchions en direction du zoo de la ville. Je n'aime pas les zoo. Mais j'aime bien les chiens, et il faut admettre que ce zoo n'en manque pas, de chien. Dans un cadre absolument splendide, il présente la plus grosse partie de la faune écuatorienne. Et quel spectacle que de rentrer dans ce lieu accompagnés d'un chien!

Les singes bombent le torse, les jaguars feulent et montrent les dents... En un mot, pour Edith comme pour les prisonniers, c'est une rencontre du troisieme type, et le zoo se réveille de ses aires dépressifs et carcérals pour fêter la rencontre entre animaux sauvages enfermés et animal domestique en liberté.

Interdite de vivarium, où j'affrontais ma plus grande phobie face aux boas constrictor-constrictor ( nous sommes des homo sapiens-sapiens, je vous le rappelle ), Edith nous attendis patiemment, avant de nous faire la fête en nous retrouvant. En rentrant dans la ville, il nous fallut user de mille astuces pour nous séparer de la belle ( qui a le mérite d'être à elle seule la belle et la bête ), afin qu'elle ne s'attache pas trop à nous, et surtout nous à elle. C'est là la dure loi du voyage.

Le lendemain soir, en face du bar où nous étions en train de célébrer notre dernier verre et la venue du suivant, qui ne vis-je pas rappliquer toute en joie et en queue battant l'air ? Edith, bien sûr. Trois Cuba Libre plus tard, elle nous escortait à la porte de notre hôtel, non sans avoir reçu sa dose de câlins et de déclarations d'amour alcoolisées. Sacrée chienne.

Puis vint le jour du départ, et la mort dans l'âme, je scrutais les dizaines de chiens errants de la ville, dans l'espoir d'apercevoir notre joyeuse compagne. Assis sur le sol du terminal de bus, nous attendions notre calèche pour l'Amazonie, qu'un des nombreux rabateurs des compagnies privées nous avait vendue comme "plus-rapide-et-plus-bientôt-partie" que celles de ses concurrents, vendant le même produit. Soudain, l'incroyable devint crédible, et Edith déboula dans le terminal, pour une chaude accolade de depart. Sacrée Edith!

Sacrée Edith!

Publié dans Récit de Voyage

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