Ahuano sur Amazone

Publié le par Gaspard Fenicottero

¿Falta mucho pa´Ahuano ?

Tres secundos, joven.

Non, nous ne sommes pas loin d'Ahuano, car nous sommes arrivés à l'instant même où ma vessie angoissée me poussait à poser la question. Après des heures à s'enfoncer dans la forêt amazonienne, nous y voilà.

Descendus du bus, nous n'écoutons pas les hommes qui nous parlent de pirogues, car partout dans le monde la descente des bus est le fond de commerce des guides et autres rabateurs d'hôtels. Alors ne nous faites pas le coup de la pirogue, nous sommes des voyageurs aguérris.

Il n'y a pas de route pour Ahuano, et il faut monter dans une pirogue. Celui qui il y a quelques années maniait la rame, fait maintenant vrombir son moteur Yamaha pour nous faire voguer pendant un petit quart d´heure sur l'Amazone. Puis nous arrivons au village et chez nos hôtes, la famille Maruja. Les trois lits que propose Dona Maruja sont déjà occupés, mais on nous ouvre une grande pièce dans laquelle nous installons nos hamacs. Pas mécontants de dormir au dessus du sol, parce que la dalle de beton grouille de vie. Ici, tous les insectes semblent dopés, et des cafards de la taille de mon doigt cohabitent avec des papillons de la taille de ma main.

Depuis la terasse en bois de la maison, nous contemplons le fleuve dans lequel nous sauterons depuis un promontoire avec les jeunes du village. Le saut n'est pas impressionant, mais la force du courant qui nous acceuille le rend fantastique.

Une trentaine de sauts plus tard, nous allons décapsuler une Pilsener, bière fétiche du pays pour contempler le soleil qui se couche sur la jungle.

C'est dans ce village de deux rues, au milieu des millions d'animaux et d'arbres que nous avons fait l'une des plus grosses soirées de notre voyage. Invités par une famille croisée dans la rue, nous avons assisté à la fête d'anniversaire d'un jeune homme de 17 ans fort souriant. Puis trainés par l'aguardiente jusque dans la discothèque du village - ouverte à la demande de la famille - nous avons dansé jusqu'à n'en plus pouvoir, puis tanguant plus encore que la pirogue du matin, nous sommes allés nous effondrer dans nos hamacs, en écoutant l'impertubable Amazone et sa couverture de jungle qui, elle, ne dort jamais.

 

Ahuano sur Amazone

Publié dans Récit de Voyage

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François Journet 14/09/2014 21:44

Merci Gaspard pour ces nouvelles. Continue! A bientôt
François Journet