Le désert de Tatacoa

Publié le par Gaspard Fenicottero

On ne voit rien. Rien d'autre que le mètre de goudron qui s'échappe de l'arrière de la jeep, à peine éclairé par le feu rougeâtre du taxi collectif qui nous arrache au sommeil et au désert de Tatacoa. 

On ne voit rien pendant les premières minutes du trajet, à part les étoiles qui percent timidement l'obscurité, accompagnée des silhouettes de Romain et Laurline qui s'entassent avec nous dans la benne d'un pick-up couvert. Il est 4h45, et le soleil se cache encore, comme s'il consentait à laissser un instant de repis à la relative fraicheur qui depuis une heure envahit le desert au sol rouge et gris. 

Nos cinq carcasses endormies sont balotées dans le noir, reprenant presque le rythme languissant de nos hamacs bercés par le vent de la nuit. 

Et puis d'un coup, il est là. Inarrêtable et insolent comme à son habitude, le soleil déchire la nuit, et transforme le noir en gris. Le paysage se dessine alors autour de nous, d'un gris uni et precis. Quelques rares arbustes se découpent sur le bord de la route, comme les gardiens du désert venus nous saluer une dernière fois. 

Le soleil commence son ascension, et chasse les étoiles une par une, jusqu'à ce qu'enfin il souffle sur la couverture de gris qui recouvrait le sol, le sable et le ciel, et qu'éclatent les couleurs de ce paysage qui laisse cinq voyageurs sans voix, tandis que se referme derriere eux le desert de Colombie. Putain, ça donnerait envie de faire de la poésie.

Le désert de Tatacoa

Publié dans Récit de Voyage

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triple c 23/11/2014 15:51

belle poésie que celle du désert de tatacoa