Un procès de pacotille

Publié le par Fenicottero

Un procès de pacotille

Dimanche 13 mars 2016, sur le coup des 18h, alors en pleine promenade dominicale avec mon épouse, nous avons remarqué que se tenait sur la Plaine un procès en plein air.

Etant moi-même friand des exécutions publiques je n’ai pu résister à l’envie de descendre de mon auto pour m’approcher de la foule. Le juge venait à l’instant de monter en chaire – et en os.

 

L’auditoire de ce procès qui semblait fort attendu était costumé: ici un officier napoléonien, là-bas un couple de néandertaliens, et de-ci de-là, des petits groupes d’hommes et de femmes masqués qui observaient la scène en témoignant de leur joie en poussant les cris distinctifs d’une foule en laisse que l’alcool tient en liesses.

 

Enfin, Monsieur le Juge prit la parole, alors que déjà la foule en colère serrait les dents et les rangs. J’ignorais encore tout de l’accusé et de l’accusation, mais je sentais qu’autour de moi la colère était aussi dense que les effluves tabagiques. La haine et le tabac étant deux de mes plus grandes passions, je me sentais tout à mon aise.

 

«  Le Tribunal, malgré toutes les recherches qu’il a fait exécuter, a été dans l’impossibilité d’identifier clairement l’Accusé qui change de nom chaque jour ». Mon épouse qui m’avait rejoint – étant elle aussi grande amatrice des lynchages à ciel ouvert – croisa mon regard d’un air entendu. Notre haut niveau d’éducation et mon intellect largement supérieur à la moyenne masculine avait déjà identifié l’Accusé. Nous avions enfin trouvé un Juge qui avait eut la Force et la Foi de monter un dossier contre Eux.

 

Alors que nos cœurs palpitaient à l’unissons, que déjà ma tendre épouse et moi-même sentions souffler le légitime mistral qui nettoierait notre pays et notre ville de la crasse stalino-judéo-franc-maçonne qui la ronge depuis des siècles et des siècles – Amen –, le Procès a soudain pris un virage d’une violence comparable aux attaques belliqueuses des migrants sur les frontières en ruine de notre France chérie.

Les noms égrainés par ce Juge – qui à mieux y regarder portait les traces des communautés les plus immondes qu’aient connu la France depuis qu’elle a perdu la révolte de 1789 – n’étaient autre que ceux de mes plus proches amis, ou des entreprises légitimes qu’ils ont monté à la force de leurs bras et à la sueur de leur Front. Soleam, Gérard Chenoz… Et comme si ces accusations ignobles, doublées d’allégations calomnieuses ne suffisaient pas, ce Juge de pacotilles, ce Clown juridique, s’en est ensuite prit directement aux plus belles et récentes avancées marseillaises, aux seuls progrès accomplies dans la citée phocéenne depuis la mise à mort planifiée des dockers.

 

Ce fils de catins vérolée, cet enfant de garce Jean-Jaurésienne, cet immonde Juge qui ne mérite pas même la corde qui le fera taire quand enfin la France se redressera, s’en est pris à la Nouvelle Joliette, et au travail titanesque et formidable que mes amis intimes d’Euroméditerranée ont péniblement accomplit au fil des années pour donner à Marseille la beauté, l’élégance et la pureté économico-raciale qu’elle n’a jamais su imposer.

Saisissant ma femme par la main, j’ai dû me frayer un passage au milieu d’une foule transpirant la haine et le trotskisme, la fiente et la drogue, priant pour que les chiens socialistes ne lâchent pas leurs maitres sur les seuls citoyens légitimes de cette Assemblée immonde.

Une fois à l’abri derrière les vitres blindées de notre véhicule, et avant que Nestor n’écrase l’accélérateur pour nous ramener dans notre demeure du Roucas-Blanc, j’ai jeté un dernier regard sur cette foule ignoble qui aux cris de «  Au bucher ! », enflammait un ridicule vautour au corps de bétonnière.

 

Même les larmes de rage qui coulaient sur mon visage n’auraient pu éteindre les flammes de cette haine crasseuse, populaire et ignare, qui depuis la destruction de la monarchie brûle le progrès pour s’enfoncer toujours plus loin dans les noirceurs d’une énième révolte dévastatrice.

Un procès de pacotille

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