République mytho-logique

Publié le par Fenicottero

L’analyse que nous ferons de la rue de la République, à Marseille, reposera sur deux piliers fondamentaux. Le premier pilier sera le résultat d’une analyse lexicale rigoureuse, cherchant à mettre en valeur, expliquer, démontrer, démonter, décortiquer, surligner, et bien sûr sous-ligner la raison de la présence manifeste de la République dans le lieu susnommé.

 

Le second pilier quant à lui, sera bercé par des notions architecturales, historiques et structurelles. Nous plongerons pour cela dans l’Histoire de France, de ses architectes, de ses décideurs politiques, de ses velléités urbanistes et de son désespérant conformiste tinté d’un autoritarisme dilué dans la morosité ambiante.

 

Tout d’abord, établissons un lien, un pont, un passage, une passerelle, un échafaudage, une échelle, un escabeau, une chaise, un marchepied entre la rue de la République concrète et la République figurée, imagée, imaginée, fantasmée, utopisée, raté, gâtée, foutue, pourrie.

 

La rue de la République est à elle seule, un résumé satisfaisant de la République et de son application par les gouvernants, responsables, chefs, patrons, contremaitre, maton, esclavagistes, tortionnaires, qui ont entre leurs mains des décisions à prendre qui auront un impact sur tout le monde, sauf sur eux-mêmes, mais ne sombrons pas dans un anarchisme primaire, et continuons notre démonstration.

 

La rue de la République a été, comme l’a été la République, tracée avec violence et linéarité dans un enchevêtrement de ruelles peu rectilignes et d’idée trop rêveuses. Comme la lame de la Guillotine a réglé d’un cou d’un seul le problème de la monarchie, la lame d’Haussmann a réglé d’un autre coup dans le problème des ruelles et des combats de rues. Une rue droite, longue et large permet un tir au canon bien plus efficace que ces insupportables ruelles biscornues, coudées, tordues, serpenteuses, multiples, uniques, originales, belles et variées.  

 

La République est à l’image de la rue qui porte le même nom. Construite pour le bonheur de tous, elle est belle, noble, droite, élégante, historique, respectueuse, propre, uniformisée, aseptisée, désinfectée, souffrante, morte. Elle est la meilleur des pires solutions : pourquoi choisir un autre chemin que la ligne droite pour relier un point A à un point B ? Pourquoi risquer la différence quand tout peut entrer dans la même grille ?

 

La rue de la République, comme la République elle-même, est une excellente solution pour que chacun trouve sa place, et qu’il y ait de la place pour tous, dans le respect de l’autre.

 

Du moment que notre façade est propre et correspond aux normes établies par une assemblée parisienne il y a plus de cent cinquante ans,

du moment que nous ne faisons pas de bruit après 22h,

que nous sortons nos poubelles après 19h,

que nous ne passons pas l’aspirateur avant 8h,

que nous n’avons aucune activité bruyante le dimanche et/ou jours fériés.

Du moment que nous ne personnalisons pas notre maison, nos volets, notre porte d’entrée, notre rue, notre vie, notre point de vue, notre âme, notre vote, alors il y a de la place pour tous.

 

Pour ma part, je suis à la recherche d’un appartement dans n’importe quelle ruelle sale, sombre, tordue, bruyante, habitée, vivante et utopique.

 

 

 

 

République mytho-logique

Publié dans Atelier d'écriture

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kiki 14/05/2016 09:12

Oh Yeah Gasparino.! Bien joué les slams l'autre soir rue de la Rep!

Fenicottero 20/05/2016 11:25

Merci ;)