Ôde à Marseille

Publié le par Fenicottero

 

Encore une ville.

Encore un île.

Encore une ville qui deviendra mon île.

Les pieds à peine posés sur le sable de la gare,

Le voyageur se glisse dans mon regard.

Trouver des repères, vite.

Devenir ton compère, ville.

 

La rue d’Athènes pose le thème,

Trottoirs crasses, misère tenace,

Les sandwichs grecques dont la graisse m’agresse

Se mêlent à l’odeur de pisse

Et aux hurlements de tubes cathodiques.

Boutiques chaotiques, musulmanes ou catholiques,

Pas de doute, le voyage est encore là.

 

La météo n’est pas celle de Paris,

Ici flottent encore le soleil de Cali

Et le joyeux foutoir des boulevards de Colombie.

Je souhaite déjà faire de cette ville mon île

Pas de doute, le voyage n’est pas finit.

Pardon je m’égare, quand je parle de la ville,

Je parle de ma vie.

Après la gare, c’est Noaille et ses étales certifiées halal

Qui croulent sous le poids des viandes : bœuf ou volaille.

 

Ma nouvelle adresse en main,

Je grimpe les marches du Cours Julien.

Adieu les épices et la rumeur qui gronde,

Ici les punk et les hippies sont les rois de leur monde.

Les murs ont des oreilles peintes,

Et on profite du soleil à l’abri d’une pinte,

D’un verre de pastis ou d’un plat de panisse.

 

Entre les ruelles multicolores où je me perds sans peine,

Je trouve le chemin de la Plaine.

Là-bas la terrasse du Petit Nice

Et les hordes de jeunes qui s’y glissent.

 

C’est là que je vivrai, dans cette ville du monde entier,

Où l’on parle arabe, kurde, wolof et portugais.

J’ai arrêté de voyager pour m’installer

Mais le voyage s’est incrusté.

 

Les cinq continents, je ne les parcours plus,

Mais ils sont là, au bout de la rue,

Au bout de chacune des Cinq Avenues.

Ôde à Marseille

Publié dans Poèmes

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F. J. 01/12/2016 14:45

Merci pour ce... moment. Une pause dans ton voyage? A bientôt, François...

Bastien 30/11/2016 21:13

Une ville est une île, ainsi que le disait Blaise Cendrars. Pour accompagner tes beaux vers (verres ?) je te conseille les pages de L'Homme Foudroyé sur Marseille, époustouflantes et personnelles.