Quatre petits poèmes d'atelier

Publié le par Fenicottero

Consigne de l'atelier de Sophie Vallon : écrire quatre poèmes sur quatre moments de la journée. Les personnages peuvent être variés, et seul le réveil et la boite sont imposés.

 

 

Le réveil

 

La mâchoire collée à l’oreiller

Il essaie de dessaouler

Angoisse de la matinée :

Une fois levé

Boire un café ou le dégueuler ?

 

Le salon a une tête de lendemain,

L’odeur de la pisse l’écoeur,

Et lui soulève le pacemaker,

Il tient moins bien

Que quand il était gamin.

 

Il n’est pas nostalgique,

Son corps dérouille et c’est logique

Mais il aimerait boire sans antalgiques

La vie c’est ça : un jour la bouteille se vide on n’a qu’un foi,

Il regrette rien et s’envoie un café calva, une dernière fois.

 

 

 

La boite

 

Elle est cachée dans la bibliothèque,

Entre Houellebecq et 100 façon de cuire un steak

Pour garder des secrets il est impec

Pas besoin de clef, vu qu’il n’y a rien à y cacher

Juste des souvenirs, du meilleur au pire,

Cachés dans des objets, qui n’ont rien à révéler.

 

Un perroquet, trophée d’une femme gagnée

Un collier, trophée d’une femme ratée

Une plaque métallique, Ni Dieu Ni Maitre en italique,

Une pièce en or, fondu dans une vitre

Un paquet de clope et un bout de shit,

Des bouts d’ici et de là, souvent volés, rarement payés,

C’est mon plus beau trésor, personne le sait,

 

C’est drôle d’ailleurs, car dans ce coffre de bois,

C’est le meilleur que je t’offre de moi.

 

 

 

Le repas

 

Cinq amis et une table qui les réunit

Un repas qu’importe qu’il soit frais ou pourris

Ils sont pas là pour raconter des salades

Et qu’importe s’ils causent à s’en rendre malade

Ils sont là pour être là, et n’en seront jamais las,

L’amitié c’est comme un plat préféré

Le meilleur c’est d’y penser, d’y gouter,

Pour vérifier que rien n’a changé,

Et même s’ils peuvent nous gaver,

Ils ne peuvent pas nous écœurer

Contrairement à ce poème

Et le nul part où il me mène.

 

 

Le coucher

 

Après la journée le silence se fait

Et me résonne dans l’oreiller,

Il ne faut surtout pas penser

A comment s’endormir ni comment rêver

Plus on n’y pense et plus la distance est immense

Entre le jour et la nuit

Entre la veille et le réveil

Entre le LSD de Kerouac et le PDG de Cadillac

 

Et voilà le Gaspard qui s’égare au premier couac

Appelez-moi l’insomniaque.

Quatre petits poèmes d'atelier

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